Kai, trois mois, est une petite chienne Labrador noire démonstrative, qui s’intéresse davantage à jouer, recevoir des friandises et rester près de « maman ».
Kai ferait un merveilleux animal de compagnie pour une famille aimante, mais elle est destinée à jouer un rôle différent dans la vie. Un rôle très particulier.
Un jour, elle pourrait être les yeux ou les oreilles de quelqu’un, ou aider une personne qui a une déficience physique ou médicale. Si tout va bien, Kai sera un chien-guide spécialement dressé pour aider une personne handicapée à faire la plupart des choses que nous considérons comme toutes naturelles, par exemple aller au travail, aller faire des achats ou tout simplement se déplacer.
Maxine Marz est la mère de famille d’accueil de Kai. Mme Marz est agente de liaison en matière de diversité à Gestion des situations d’urgence Ontario, division du ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels. Elle a découvert le programme de famille d’accueil pour chiots de la Fondation des Lions du Canada pendant l’élaboration du Guide de préparation aux situations d’urgence à l’intention des personnes ayant un handicap ou des besoins particuliers. Elle a immédiatement su que ce programme était fait pour elle – sur les plans personnel et professionnel.
« J’adore les animaux, et je suis fière de travailler pour une organisation qui montre la voie en rendant l’Ontario accessible aux personnes de toutes aptitudes, a déclaré Mme Marz. Les chiens-guides aident les personnes handicapées à mener une vie plus autonome. Avec le vieillissement de la population ontarienne, le nombre de personnes handicapées augmentera. Il y a déjà un manque de chiens-guides. Pour moi, être mère de famille d’accueil d’un chiot, c’est tout naturel. »
La Fondation des Lions du Canada a trois programmes de dressage de chiens-guides pour aider les personnes ayant une déficience visuelle, une déficience auditive, et d’autres déficiences médicales ou physiques. Les chiots proviennent du programme de sélection de la Fondation et d’autres éleveurs généreux. Vers l’âge de huit semaines, ils sont placés en familles d’accueil pendant 12 à 18 mois.
La famille d’accueil élève le chiot, lui apprend à avoir un bon comportement dans la maison et à satisfaire aux exigences de base du dressage. On lui enseigne son comportement en société en le mettant en contact avec des situations, des expériences et des gens aussi nombreux et aussi différents que possible.
Née le 20 novembre 2008, Kai avait juste un peu plus de sept semaines quand Mme Marz l’a amenée chez elle. Kai va partout avec elle : magasins, restaurants, cinémas et travail. Tout cela fait partie de la socialisation.
« J’aide à socialiser le chien pour l’habituer à un milieu de travail et à un bureau, dit Mme Marz. En même temps, mes collègues de travail s’instruisent sur ces animaux très particuliers, et comprennent mieux les dispositions qui sont nécessaires pour les personnes handicapées sur le lieu de travail. »
Sensibiliser les gens au sujet des chiens-guides, et en particulier des chiots en cours de dressage, tient une place importante dans cette expérience. Ce n’est pas tout le monde qui comprend le rôle essentiel que jouent les chiens-guides dans la vie des personnes handicapées. « C’est contraire à la loi de refuser l’accès d’un lieu à une personne accompagnée d’un chien-guide, déclare Mme Marz. Il y a des gens qui ne réalisent pas que cela inclut les chiens en cours de dressage. »
La liste des personnes qui attendent un chien-guide est longue. En règle générale, 45 à 50 chiens terminent chaque année le dressage. C’est un taux de réussite de 60 pour cent. Quarante pour cent des chiots ne parviennent pas à être chiens-guides. À la fin de la période en famille d’accueil, Kai reviendra à la Fondation des Lions pour subir une évaluation afin de voir si elle est apte à devenir un chien-guide. Si c’est le cas, elle passera à la phase suivante du dressage, et on l’appariera avec une personne handicapée.
Kai est en fait le second chiot que Mme Marz accueille. L’année dernière, elle s’est occupée de Rufus, un goldendoodle (croisement de golden retriever et de caniche). L’évaluation a montré que Rufus était un chien extraordinaire, comme animal de compagnie, pas comme chien-guide. Ce ne sont pas tous les chiots qui peuvent devenir chiens-guides. Ce n’est pas parce qu’ils ont quelque chose qui ne va pas, selon les propres termes de Mme Marz : « Pas tous ceux qui vont à Harvard obtiennent un diplôme ». Les chiots qui ne parviennent pas à e qualifier sont adoptés par des familles aimantes. Par un charmant effet du hasard, c’est une des collègues de Mme Marz à Gestion des situations d’urgence Ontario qui a adopté Rufus.
Le jour viendra où Mme Marz devra dire au revoir à Kai. « Ce sera dur, admet-elle. Mais quand on sait quelle énorme différence ces chiens font dans la vie des personnes handicapées, on réalise que toute cette expérience en vaut la peine. Je suis heureuse d’avoir aidé.
« Et c’est une bonne sensation. »
Pour en savoir plus Visitez le site Web de la Fondation des Lions du Canada – chiens-guides pour en apprendre davantage sur les chiens-guides et sur le programme de familles d’accueil pour chiots. Découvrez comment garder votre chien-guide, ou votre animal de compagnie, en sécurité et à l’aise pendant une situation d’urgence. Lisez le Guide de préparation aux situations d’urgence à l’intention des personnes ayant un handicap ou des besoins particuliers. |