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Pendant deux heures, trois fois par semaine, elles nagent des longueurs successives, aux côtés de leurs coéquipiers, sans jamais faiblir, sans jamais se plaindre, toujours en allant de l’avant. Elles font autant partie de l’équipe que les autres nageurs, et tous sont considérés comme des athlètes à part entière, rien de moins.

« Nous sommes la seule équipe de natation de Windsor qui est pleinement intégrée, explique Danielle Campo, entraineuse adjointe de natation du Windsor Aquatic Club. Lorsque nous sautons dans l’eau, le handicap que vous avez ne compte plus, ce sont des athlètes qui s’entraînent ensemble. »

Le Windsor Aquatic Club est une équipe de natation compétitive qui regroupe des nageurs non handicapés et handicapés. Kirby et Victoria sont des nageuses de l’équipe qui sont atteintes de paralysie cérébrale. Hors de l’eau, elles ont des problèmes de mobilité, mais dans l’eau, c’est loin d’être le cas.

« Ce sont les nageuses très déterminées, explique Danielle, qui admet qu’il est souvent difficile d’arrêter les filles pour qu’elles prennent une pause. Lorsqu’elles s’entraînent, on voit dans leur cœur et dans leurs yeux combien elles aiment être ici. »

Danielle partage la passion de ces jeunes filles pour le sport, et elle connaît mieux que quiconque les défis liés à un handicap : elle est atteinte de dystrophie musculaire. Mais elle a aussi été témoin des choses merveilleuses qui peuvent arriver quand un club ouvre ses portes aux athlètes possédant toutes sortes d’aptitudes. Danielle s’est entraînée au club durant plus de 13 ans, ce qui lui a permis de devenir détentrice de records de natation et trois fois médaillée d’or paralympique.

« N’est-ce pas fantastique de pouvoir venir ici et de laisser vos limitations et vos défis à la porte, et faire quelque chose que vous aimez. » dit-elle.

Et une des raisons pour lesquelles il est possible de laisser ses limitations à la porte, est la porte elle-même. Les séances d’entraînement de l’équipe se déroulent au Centre Saint-Denis, un complexe récréatif accessible. Grâce à des portes d’entrée automatiques, des vestiaires accessibles, un ascenseur pour descendre à l’étage de la piscine et un appareil de levage spécial pour permettre aux personnes handicapées d’entrer dans la piscine et d’en ressortir, les filles peuvent s’entraîner facilement aux côtés des autres membres de l’équipe.

« Cela a été incroyablement utile, explique Danielle. C’est difficile de vivre dans le monde qui nous entoure lorsque vous avez un handicap : vous faites face à des limitations tous les jours. Mais je crois que c’est un endroit où nous pouvons lutter contre cela, et c’est un endroit où nous gagnons chaque jour. »

Un des défis, en plus d’éliminer les obstacles physiques, consiste à modifier les perceptions des gens, et le club y parvient en enseignant à ses nageurs de ne pas regarder la personne handicapée, mais l’athlète.

Danielle dit que lorsque les filles nagent, non seulement elles se sentent égales, mais elles sont considérées comme des égaux par tous les membres de l’équipe, ce qui à son tour, permet à tout le monde d’être meilleur.

« Je pense que ça leur apprend plus que le sport, explique-t-elle. Ce sont des leçons de vie. Ils construisent ici les fondements qui les aideront à réussir lorsqu’ils seront des adultes. »