Chaque année, 14 000 femmes ont recours aux maisons d’hébergement.

En moyenne, le séjour des femmes dans les maisons d’hébergement est de 21 jours.

Entrevue avec la ministre des Services sociaux et communautaires, Madeleine Meilleur, la ministre déléguée à la Condition féminine, Deb Matthews, et la directrice générale de Women’s Community House, Kate Wiggins.

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Transcription

Deux rouleaux de fil barbelé, trois clôtures de 3,66 mètres chacune (12 pieds), 16 caméras de surveillance, trois portes à pêne dormant, un petit garçon qui rit…

Voilà une visite de la Women’s Community House à London, en Ontario. Ce n’est pas un centre de détention pour les personnes les plus dangereuses de la société, mais un refuge pour ses membres les plus vulnérables — des femmes maltraitées et leurs enfants.

Comme l’explique Kate Wiggins, directrice générale : « La maison est conçue comme une prison. Mais nous, nous essayons d’empêcher des gens d’entrer. »

Ce qu’ils essayent de garder à l’intérieur, c’est le rire, l’espoir et la sécurité dont les femmes et les enfants maltraités ont besoin pour guérir.

Et à voir comment les choses se passent, on se dit qu’ils font du bon travail.

Une femme victime de violence familiale peut se sentir seule, avoir l’impression qu’elle n’a personne vers qui se tourner. Mais à la Women’s Community House — un refuge offrant des services complets — les femmes deviennent membres d’une communauté qui les soutient et qui veille sur elles ainsi que sur leurs enfants.

Des cours où l’on trouve un abondant matériel pour terrain de jeux et des arcs-en-ciel peints sur les murs enserrent chaque groupe de trois appartements. Les femmes et les enfants vivent dans des espaces autonomes qui comprennent chambres, petites cuisines et salons. Outre les cours privées, il y a de grands terrains de jeux et des espaces extérieurs, dont un court de basket-ball et un jardin où les résidents peuvent se familiariser avec la nature et la vie communautaire.

Rendre leur dignité aux femmes et aux enfants maltraités est le principe qui guide le travail et la mission de ce foyer. Cela passe par un respect des cultures, des expériences et des capacités des personnes. Pour l’instant, le foyer compte trois appartements pour personnes handicapées. Ils sont rarement vides. « C’est très difficile de trouver des appartements abordables, accessibles et sécuritaires », explique Mme Wiggins. « Les femmes handicapées sont entre une fois et demie et 10 fois plus susceptibles de subir des violences familiales. »

Malgré ces données statistiques, il y a aussi beaucoup d’espoir. Outre le traumatisme et la souffrance, la Women’s Community House connaît également nombre de triomphes et de guérisons. « Oh oui, absolument », déclare Mme Wiggins. « On entend de telles histoires très souvent, en fait. C’est la magie de ces lieux. On reçoit des lettres. On reçoit des cartes de remerciements. On connaît toutes sortes de belles, belles histoires, et de dénouements positifs… et dans bien des histoires, nous avons contribué à cet heureux dénouement. »

Elle est la première à reconnaître que la Women’s Community House n’aurait pas pu obtenir ces résultats sans l’aide du gouvernement et de la collectivité. « C’est le premier gouvernement qui ait adopté un Plan d'action contre la violence familiale », affirme Mme Wiggins. « Nous avons fait des progrès. Tous les problèmes n’ont pas été résolus, mais les choses bougent, c’est sûr. Et cela fait partie du programme politique. »

C’est Madeleine Meilleur, ministre des Services sociaux et communautaires, qui a fait de la violence familiale un véritable enjeu politique en Ontario. « La violence contre les femmes affecte tout le monde », ajoute la ministre, « qu’il s’agisse des hommes et des femmes, des parents et des enfants, ou encore des amis et des voisins. Toute la communauté souffre quand une femme est maltraitée. » Le gouvernement dont elle fait partie vient d’investir dans les services de Prévention de la violence contre les femmes pour que les refuges comme la Women’s Community House puissent accueillir les femmes et les enfants de la province qui en ont besoin.

« Si vous n’avez pas grand-chose, vous ne disposez pas d’un grand soutien dans la vie », explique Mme Wiggins. « Qu’allez-vous faire? Vous allez venir ici. Bien sûr que vous allez venir ici. »

Heureusement que ces services existent!

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