[ Suite à la fermeture des établissements gouvernementaux, le gouvernement a subventionné l’achat et la rénovation du Domaine Larose, une ferme de loisirs dans le comté de Prescott-Russell.

Sept adultes ayant une déficience intellectuelle y vivent. Ils acquièrent dans cet environnement les aptitudes nécessaires pour pouvoir bien vivre dans la collectivité et faciliter leur intégration communautaire. ]

Shalan Gobeil, Superviseure de programme, Ministère des Services sociaux et communautaires : Avant, on n’aurait pas vu une ferme comme ici. Je pense qu’une partie, c’est aussi d’avoir une attitude complètement différente par rapport au gens qui ont des déficiences intellectuelles; une approche qui est différente. Les voir davantage comme des gens qui ont des intérêts, des besoins, qui vivent, qui sentent des choses aussi.

Louise Cayer-Deslauriers, Superviseure des résidences en milieu de vie, Service aux enfants et adultes de Prescott-Russell : Je dirais que ça fait plusieurs années qu’on voulait avoir une ferme comme ça. Au fil des années, on se disait « s’ils avaient la chance de pouvoir faire plein de choses durant leur journée – avoir une journée remplie, des petites tâches ». Donc, ça fait plusieurs années qu’on en parlait.

On s’est arrêté à celle-ci parce qu’il y a quand-même 50 acres de terrain, et c’était une grande maison et on savait qu’il fallait accueillir sept adultes.

Si on a des personnes plus difficiles avec des comportements, avec la ferme, on va les tenir occupés. Ils vont avoir des choses à faire. Ça va les calmer.

Le matin, ils se lèvent, déjeunent, ils viennent faire leurs tâches à la ferme. Après ça, c’est la petite routine du matin : leur chambre, leur lavage. Après le diner, ils partent dans la communauté faire leurs commissions.

Rémi Charrette, Intervenant, Ferme de loisirs Domaine Larose : Je ne peux pas dire que ça se fait rapidement. Chaque personne est différente, il y en a qui apprennent plus vite. Ils se lèvent le matin avec un but. C’est ce qu’on voulait, ils se lèvent le matin avec un but d’aller faire quelque chose.

[ Normand
Responsabilité : Soins des lapins ]

Rémi : Norm et ses lapins, cela à quand même été assez bien. C’est de lui faire faire à tous les jours, et vient un moment donné qu’il le sait : « C’est ma job, c’est moi qui fait ça! »

J’ai souvent vu Norm bien agité. On l’embarque sur le cheval, on fait quelques tours et ça le calme un peu.

Louise : On a beaucoup de personnes qui sont non-verbales. Mais tu le vois dans le non-verbal qu’ils sont heureux de faire quelque chose – faire de l’équitation, couper l’herbe. Toutes les petites tâches, tu le vois dans leur visage: « Ah oui! Je veux y aller! »

[ Claude
Responsabilité: Soins de la pelouse ]

Rémi : Quand j’ai commencé ici et que Claude est arrivé, ce n’était plus le même Claude. Claude était heureux d’être ici, il était heureux de vivre.

Rémi : Aimes-tu ça couper l’herbe mon Claude?

Claude : Oui.

Rémi : Ça fait combien de temps que tu coupes l’herbe, le sais-tu?

Claude : Non.

Rémi : Pour moi, ça dois faire un deux ans que tu coupes l’herbe.

Claude : Oui.

Rémi : Est-ce que c’est une chose que tu aimes faire beaucoup?

Claude : Non!

Rémi : Aie! Je vais donner la job à quelqu’un d’autre d’abord!

Claude : Non.

Louise : Je trouve que c’est formidable! Ils le savent qu’on compte sur eux pour faire des choses. Ils le savent que c’est eux qui font ça, jour à jour. C’est comme nous, quand on a des responsabilités, on se sent important, on sent qu’on contribue à quelque chose.

Shalan : Finalement tu es un membre contribuant dans la société. Tu fais partie d’une communauté et tu le sais. Tu donnes à la communauté et tu reçois de la communauté.

Louise : Je dirais qu’on voit des progrès à tous les jours! Ils ont des nouvelles tâches. Tu vois qu’ils sont heureux, qu’ils sont confortables.

Rémi : Continuer, un petit peu à tous les jours, et à tous les jours on voit une petite différence pour le meilleur.