L'inauguration de l'exposition de photographies Inspiring Possibilities eut lieu une semaine après la fermeture du dernier des trois établissements administrés par le gouvernement de l'Ontario pour les personnes ayant une déficience intellectuelle.

Le projet vise à sensibiliser le public et à donner vie à nos propos en montrant le visage des personnes qui bénéficient de l'aide d'organismes comme les associations pour l'intégration communautaire.

Andrew Stawicki, photographe fondateur, PhotoSensitive : PhotoSensitive est un collectif de photographes. Nous avons la bonne fortune d'avoir réussi dans notre domaine et avons décidé d'offrir notre talent et de donner notre temps à des personnes et à des organismes qui utilisent nos formes et nos images pour faire passer un message et conscientiser la population.

Bruce Rivers, directeur général de Community Living Toronto : Nous avons tout d'abord eu cette chance formidable de voir une exposition réalisée à l'intention du lieutenant-gouverneur sur les enfants autochtones. J'ai alors été frappé par toute l'attention que cette exposition a engendrée au sein du public. Les gens s'assoyaient, ils écoutaient et ils commençaient à mieux comprendre certaines des personnes représentées. Je me suis dit que la photographie constituait une manière tellement élégante de raconter leur histoire. Des membres de notre personnel ont discuté de ce concept et nous avons décidé d'entrer en contact avec PhotoSensitive pour plaider notre cause. Nous sommes réellement reconnaissants du soutien de ces artistes qui a permis de présenter cette exposition à Toronto. Nous avons prévu d'en faire une exposition itinérante dans toute la province afin qu'elle devienne un sujet de conversation et un catalyseur pour que l'on parle des personnes ayant une déficience intellectuelle et que l'on comprenne tous les avantages de leur intégration communautaire.

Tony Hauser, photographe, PhotoSensitive : Je fais partie de PhotoSensitive depuis le tout début, lorsqu'Andrew m'a invité à participer à cette initiative. J'ai contribué à toutes les expositions et j'estime que dans le monde où l'on vit, il est bon de partager sa chance et de faire quelque chose pour les autres.

Je pense que ça a cliqué dès mon premier contact avec ce jeune homme, Greg. Il s'est assis juste à côté de moi et rien n'était compliqué. Ce qu'on constate quand on travaille avec ces gens-là, c'est que toutes les prétentions sont inutiles. Il suffit d'être soi-même et on vous accepte pour ce que vous êtes. Deux des activités de Greg somt de travailler certains jours dans une confiserie et de pratiquer le tai-chi. J'ai donc pensé qu'il serait intéressant de le photographier au travail et dans un moment de détente.

Bruce : Le mouvement Community Living a pour objectif de donner une voix aux personnes ayant une déficience intellectuelle. Il vise aussi à les aider à améliorer leur vie et à leur offrir des choix en matière d'habitation, d'apprentissage, de travail et de loisirs.

Lisa Tuckwell, participante au projet, région d'Etobicoke : Je m'appelle Lisa.

Intervieweur : Alors, que représente cette photo? Quand a-t-elle été prise?

Lisa : Dans un véhicule des transports en commun de la TTC. Je prends les transports en commun pour me déplacer entre mon appartement et l'entrepôt. Je m'occupe des accessoires, par exemple les sacs à main et les parfums. Je dispose les parfums coûteux dans les présentoirs.

Mon activité préférée est de travailler à l'entrepôt, parce que tout le monde finit par bien se connaître. On se retrouve en pays de connaissance et les rapports entre les gens sont amicaux. Tout le monde sourit et ça fait chaud au coeur.

Andrew : Notre but est de sensibiliser les gens aujourd'hui. J'espère aussi inspirer les collectivités à évoluer, à inciter la population à s'engager et à travailler dans un esprit de collaboration.

Bruce : C'est vraiment intéressant, vous savez, quand je parle de Community Living. Beaucoup de gens me demandent : « Qu'est-ce que c'est, Community Living? Votre rôle consiste-t-il surtout à aider les personnes à s'intégrer à la communauté? S'agit d'un service d'aide à l'établissement? » Et quand on commence à expliquer ce qu'il en est et que l'on invite les gens à venir voir ce que nous faisons dans nos programmes et à rencontrer nos participants, ils en sont fort impressionnés.

Parmi nos participants, il y en a qui vivent de façon tout à fait autonome, certains sont en autonomie partielle et d'autres bénéficient de mesures de soutien en milieu communautaire. Il s'agit de personnes qui présentent des handicaps importants, tant intellectuels que physiques, que l'on n'aurait jamais pu croire capables de vivre en milieu communautaire et de participer comme ils le font. C'est donc à la fois une source d'étonnement et d'inspiration. Et le grand mérite de cette exposition, c'est d'illustrer superbement les résultats que nous obtenons.

Pour en savoir plus

De la vie en établissement à l’integration communautaire : Histoire des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle en Ontario