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Transcription

Le bâtiment original qui est devenu le Centre régional de la Huronie a été construit sur 13 acres de ce qui constitue aujourd'hui le parc Couchiching Beach d'Orillia. Il a ouvert ses portes sous le nom de « Convalescent Lunatic Asylum », en 1861. À l'époque il comptait parmi les premières institutions provinciales à accueillir des personnes ayant une déficience intellectuelle.

Cet établissement a fermé ses portes en 1870 et il a rouvert six ans plus tard, sous le nom de « Hospital for Idiots and Imbeciles ».

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La première institution

En 1877, sous la direction du docteur Alexander Beaton, fraîchement nommé, l'établissement fonde une école destinée aux personnes ayant une déficience intellectuelle – un concept révolutionnaire pour l'époque.

Travailleurs qui bâtissaient l'éifice de l'administration, 1889

Travailleurs qui bâtissaient
l'éifice de l'administration, 1889

En 1885, le docteur Beaton est à l'origine de l'élargissement de l'établissement au bord du lac Simcoe, sur un site de 151 acres comprenant un ancien corps de ferme en pierre et ses dépendances. Ce site se développe avec la construction d'une nouvelle résidence pour femmes en 1887, puis d'une résidence pour hommes quelques mois plus tard. La propriété devient autonome suite à l'ajout d'un réservoir surélevé, d'une chaufferie et d'une cuisine, ainsi que d'une petite usine de production de gaz destiné à l'éclairage des installations. Le bâtiment administratif actuel est construit en 1891. Les installations du site du parc de la plage Couchiching ferment alors leurs portes peu de temps après.

Le docteur Beaton est partisan des droits des personnes ayant une déficience intellectuelle, ce qui se traduit notamment par la modification du nom de l'établissement, rebaptisé « Hospital for the Feebleminded » (hôpital pour les faibles d'esprit).

Lire : Les raisons d’être des institutions

Une croissance rapide

Ferme au Centre régional de la Huronie, vers 1950

Ferme au Centre régional de la Huronie, vers 1950

L'établissement s'agrandit rapidement à partir du tournant du siècle jusqu'en 1926 suite à l'acquisition de terrain supplémentaire et à la construction de plusieurs bâtiments nouveaux, dont deux résidences de trois étages, une blanchisserie, une chaufferie, un poste d'incendie, une résidence du directeur, une station de pompage, ainsi qu'une patinoire destinée au curling et au patinage. La ferme située dans la zone nord-ouest de la propriété comprend des granges pour abriter toutes sortes d'animaux.

À cette période, l'établissement est rebaptisé « The Ontario Hospital » (l'hôpital de l'Ontario). En 1927, la nouvelle direction étoffe les programmes de formation proposés ainsi que les cours spécialisés à l'intention des résidentes et des résidents. Entre 1928 et 1945, l'établissement compte également une école de formation pour le personnel infirmier.

Pendant les années 1930, deux nouveaux bâtiments destinés aux résidentes et aux résidents ainsi qu'une résidence prévue pour le personnel infirmier viennent s'ajouter au site. L'établissement est une nouvelle fois rebaptisé et prend le nom d'« Ontario Hospital School » (école en milieu hospitalier de l'Ontario), qu'il conservera pendant près de 40 ans. Juste avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le site fait l'acquisition de terrain supplémentaire. L'année suivante, une infirmerie de 300 lits voit le jour.

Lire : La vie dans une institution

L'internement des patients

En 1955, l'infirmerie est agrandie et une nouvelle centrale thermique à vapeur est construite.

Infirmerie, vers 1934

Infirmerie, vers 1934

En 1968, l'établissement compte près de 3 000 résidentes et résidents. Au cours de cette période, les dirigeants provinciaux et le mouvement en faveur de l’intégration communautaire plaident pour l'acceptation des personnes ayant une déficience intellectuelle au sein de la collectivité et œuvrent à la réduction du nombre de personnes internées dans des établissements provinciaux et à l’augmentation des soutiens communautaires. Le nombre de résidents commence à diminuer alors que le personnel augmente, ce qui permet d’assurer une meilleure supervision et qualité des soins.

Lire : Les attitudes à l’égard des personnes handicapées




Le mouvement pour la vie autonome

Le mouvement pour la vie autonome milite pour un accroissement du nombre de structures plus petites à travers la province en vue d'une augmentation progressive des soutiens communautaires. Le nombre de résidentes et de résidents commence à diminuer tandis que celui des employés est de plus en plus élevé, conduisant ainsi à l'amélioration de l'encadrement et de la qualité des soins. L'idée de la vie autonome commence alors à se répandre, comme en témoignent manifestement l'accroissement du nombre de résidentes et de résidents que l'on fait sortir et celui du nombre de personnes bénéficiant d'un soutien au sein de leur collectivité.

Piscine accessible du Centre régional de la Huronie

Piscine accessible du Centre régional de la Huronie

L'établissement change de nom pour la dernière fois en 1974 lorsque le Centre régional de la Huronie est placé sous la direction du ministère des Services sociaux et communautaires. Une partie du terrain est revendue au Collège Georgian ainsi qu'à la ville d'Orillia, tandis que quelques-uns des bâtiments les plus anciens sont démolis. Bien que les structures existantes soient rénovées en fonction des besoins au fil des années, et ce, jusqu'à la fermeture de l'établissement, les dernières constructions neuves destinées aux personnes résidentes incluent une piscine en 1984 et une résidence pour l'hébergement de personnes ayant des besoins multisensoriels en 1986.

Lire : Le virage vers l’intégration communautaire





Les dernières années

Pendant plus de 100 ans, l'internement fait partie de l'histoire de l'Ontario. Il y a plus de 50 ans, les mentalités commencent pourtant à évoluer et une idée fait tout doucement son chemin au sein de la société : les personnes ayant une déficience intellectuelle n'ont pas besoin d'être isolées dans un établissement, elles ont besoin d'être intégrées à la collectivité. C'est une nouvelle ère, où les personnes peuvent contribuer et participer à la vie des collectivités de l'Ontario quelles que soient leurs capacités.

Le 31 mars 2009, le gouvernement ferme officiellement le dernier établissement encore en activité. Il respecte ainsi sa promesse de mettre fin à l'ère de l'internement des personnes ayant une déficience intellectuelle et accueille les anciennes résidentes et les anciens résidents au sein des collectivités de l'ensemble de la province.

Une cuisine d'une des résidences à appartements de Centre régional de la Huronie

Une cuisine d'une des résidences à appartements de
Centre régional de la Huronie

En 2004, lors de l'annonce de la fermeture à venir du Centre régional de la Huronie, celui-ci comptait moins de 360 résidentes et résidents. La grande salle de séjour des débuts, dont le style rappelait le milieu hospitalier, avait été transformée en appartements et l'établissement se concentrait dans la partie sud de la propriété.

Aujourd'hui, le site est géré au nom du gouvernement de l’Ontario par Infrastructure Ontario. Il accueille le quartier général ontarien de la Police provinciale de l'Ontario. L'usine de production de gaz d'origine a été rasée en 1997. Parmi les bâtiments encore debout, le chalet C a été reconverti en palais de justice, le chalet O en Académie de la Police provinciale de l'Ontario, et trois autres grands édifices sont vides. Certaines terres agricoles font désormais partie du campus d'Orillia du Collège Georgian.

Lire : Chez soi dans la collectivité



Entente de règlement et discours d'excuses

Lien : Discours d'excuses de la première ministre - en format PDF

Discours d'excuses de la première ministre

À l'automne 2013, le gouvernement de l'Ontario a conclu une entente de règlement avec d'anciennes résidentes et d'anciens résidents. Celle-ci prévoyait la prononciation d'un discours d'excuses officiel, le versement d'indemnités pour un montant de 35 millions de dollars et la mise en œuvre d'efforts pour honorer l'héritage du Centre régional de la Huronie. Comme l'a affirmé la première ministre Kathleen Wynne dans son discours d'excuses officiel à l'endroit des anciennes résidentes et des anciens résidents des centres régionaux pour les personnes ayant une déficience intellectuelle, « nous protégerons la mémoire de toutes les personnes qui ont souffert. Nous les aiderons à raconter leur histoire et nous veillerons à ce que les leçons de cette époque ne soient pas oubliées. »






L'avenir des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle

L'histoire du Centre régional de la Huronie reflète les changements qui se sont opérés dans notre société tout au long du siècle dernier. Nous avons laissé derrière nous un établissement rural isolé axé sur les soins. Aujourd'hui, les personnes ayant une déficience intellectuelle vivent dans divers environnements communautaires – qu'il s'agisse de foyers collectifs ou de structures d'hébergement plus indépendant favorisant la vie autonome. Nous avons mis à jour notre législation en matière de services aux personnes ayant une déficience intellectuelle afin de mettre l'inclusion au premier plan et de tourner la page de l'internement.

Nous créons un système de services et de soutiens à la fois juste et équitable, mieux à même de s'adapter aux personnes les plus vulnérables et mieux armé pour répondre aux besoins singuliers de nos concitoyennes et de nos concitoyens de l'Ontario ayant une déficience intellectuelle.

Indicateur majeur de cet engagement, en avril 2014, le gouvernement a approuvé l’avant-projet d’une initiative pluriannuelle qui prévoit l’injection d’un nouveau financement de 810 millions de dollars en faveur des personnes handicapées. Lire d'autres renseignements au sujet de cet engagement.

Le système que nous mettons en place nous rapprochera encore un peu plus de la réalisation de notre vision pour un Ontario inclusif – où les personnes bénéficient d'un soutien quelles que soient leurs capacités afin de pouvoir vivre dans la plus grande autonomie possible dans nos collectivités.