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Les services d’aide à l’emploi et les services connexes remplissent un rôle clé si l’on veut répondre aux besoins des gens au chapitre de l’acquisition de compétences et de la formation, ce qui contribue en retour à l’essor d’une population active à la fois productive et concurrentielle.

De même que dans la plupart des autres provinces, la formation et les études en Ontario reposent sur trois volets. Le premier est le système d’éducation, qui vise les Ontariennes et les Ontariens voulant obtenir un diplôme ou un certificat.

Le deuxième volet est composé des programmes et des services de soutien offerts dans le cadre d’Emploi Ontario à toutes les personnes ayant droit à des prestations d’assurance emploi ainsi qu’aux personnes qui ont eu droit à ces prestations dans le passé (la règle des « prestataires réadmissibles »).

Le troisième volet consiste en programmes d’aide à l’emploi destinés aux personnes qui reçoivent de l’aide sociale (programme Ontario au travail, Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées, Premières nations). Ces programmes sont moins complets, et l’on observe des variations à l’échelle de la province en ce qui touche leur qualité et leur disponibilité. Il y a aussi divers programmes à l’intention des néo Canadiens et des immigrants aux termes de l’Accord Canada Ontario sur l’immigration; ces programmes sont exécutés par le ministère des Affaires civiques et de l’Immigration par l’entremise de partenariats locaux en matière d’immigration.

Les nouveaux accords fédéraux provinciaux sur le marché du travail ont donné lieu à une hausse du financement affecté à l’aide sociale, mais les services d’aide à l’emploi, de formation et d’éducation à l’intention des bénéficiaires demeurent inadéquats et sont souvent inefficaces. En bout de ligne, l’aide à l’emploi demeure un ramassis de mesures dont la qualité et l’accessibilité varient, et qui ne sont généralement pas appliquées de façon intégrée, ce qui se traduit par des lacunes, des chevauchements et de l’instabilité.

En dépit des défis liés au financement et de certaines questions d’ordre législatif, on reconnaît de plus en plus au sein des différents ordres de gouvernement et des organismes communautaires qu’il faut adopter une approche plus efficace pour fournir des services de perfectionnement de la main d’œuvre.

L’administration provinciale, les fournisseurs de services municipaux et les organismes communautaires mettent en place, individuellement ou en collaboration, de nouvelles approches afin de répondre aux besoins de plus en plus complexes en matière de services de ressources humaines. L’un des thèmes rattachés à cette nouvelle démarche est la prise de conscience au sujet de l’utilité qu’il y a à intégrer les services d’aide à l’emploi, l’aide financière et les services de soutien connexes, par exemple la santé publique, les soins dentaires, les loisirs, les services de garde d’enfants et le logement.

À l’échelon local, on observe l’émergence de pratiques qui permettent de surmonter la réglementation afin de mieux s’adapter aux besoins, aux enjeux, aux défis et aux mandats locaux, notamment en ce qui a trait aux services d’aide à l’emploi et aux services de soutien connexes. À titre d’exemple, la ville de Toronto a récemment ouvert un nouveau centre d’aide à l’emploi à Metro Hall, où l’on offre un environnement de type professionnel et dont le mandat consiste tout simplement à aider ses clients à trouver un emploi.

Il y a aussi des initiatives qui ont trait à la coordination des services destinés aux particuliers et aux familles. Entre autres, le conseil d’administration de district des services sociaux d’Algoma met de l’avant une stratégie de service selon une formule de guichet unique, où l’auteur d’une demande est mis en contact avec des coordonnateurs de services aux clients ayant accès à une gamme complète de services, depuis la garde d’enfants jusqu’à l’aide à l’emploi et la formation, en passant par des service d’aide en santé mentale; le but est de transformer les services en une véritable fonction d’aide.

On a également lancé des initiatives communautaires innovatrices qui créent des emplois pour des personnes souvent classées comme inaptes au travail de façon permanente. Par exemple, l’Ontario Council of Alternative Business est un organisme géré par des personnes ayant un vécu psychiatrique qui crée des possibilités afin que des survivants de la psychiatrie et des personnes marginalisées de Toronto puissent remplir un rôle de leadership et obtenir des avantages économiques. À l’heure actuelle, l’Ontario Council of Alternative Business exploite quatre entreprises (The Raging Spoon, Green Thumb Enterprises, Out of This World Café et Grassroots Research) qui fournissent un emploi à plus d’une centaine de personnes ayant un vécu psychiatrique.

Ces initiatives locales pourraient servir d’inspiration pour le changement. L’objectif devrait être de multiplier graduellement les points de service et de travailler avec les gens afin d’offrir un continuum de services adaptés aux besoins. Le changement pourrait aussi s’orienter d’après un consensus international émergent concernant les pratiques exemplaires, telles que mentionnées dans l’étude de Dean Herd (Herd, 2006), par exemple :

  • Une évaluation appropriée des points forts et des besoins des particuliers ainsi que du marché du travail local.
  • Le placement rapide des personnes situées le plus près du marché du travail, et des services de formation et de soutien constants à ceux qui ont besoin d’un coup de main additionnel pour trouver un emploi.
  • La mobilisation d’employeurs locaux.
  • Le maintien en poste et l’avancement professionnel, et la pertinence de l’emploi, de l’horaire, des compétences et de l’endroit.
  • Des interventions holistiques englobant le logement, la santé, les services de garde d’enfants et les problèmes de consommation d’alcool et de drogues, ainsi que les besoins reliés au marché du travail, de telles interventions étant plus efficaces que des services axés sur des besoins spécifiques reliés à l’emploi.

De plus, la province et les municipalités collaborent depuis quelques années afin de redéfinir leurs rôles respectifs dans l’exécution des programmes d’aide sociale et d’aide à l’emploi. Les deux recommandations faisant suite à l’Examen provincial municipal du financement et du mode de prestation des services qui sont directement pertinentes pour notre propos sont les suivantes :

  • La province et les municipalités conviennent de travailler en collaboration à la simplification et à la modernisation de la prestation des services de soutien du revenu et d’aide à l’emploi.
  • La province et les municipalités conviennent également de mieux intégrer le programme Ontario au travail, le Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées et les services d’aide à l’emploi du programme Emploi Ontario dans le but d’améliorer les possibilités d’emploi offertes aux clients et de mieux utiliser les ressources.

Un comité directeur de la mise en œuvre des services de ressources humaines, composé de représentants provinciaux et municipaux, a été mis sur pied afin de se pencher sur la manière de donner suite à ces recommandations.