Sandra Pupatello, Ministre des Services sociaux et communautaires
Salle des médias, Queen's Park
Sous réserve de modifications
Je vous remercie d'être ici ce matin.
Aujourd'hui, je veux vous parler de trois points :
- premièrement, je veux aborder la question de l'avenir du secteur ontarien des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle et vous expliquer les raisons pour lesquelles nous sommes en train d'élaborer un plan de réorganisation de ce secteur;
- deuxièmement, je veux vous donner des précisions sur les investissements considérables que nous allons faire dans le secteur des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle pour appuyer cet important changement de politiques;
- enfin, je veux vous expliquer les prochaines mesures que nous allons prendre pour procéder à la réorganisation du système, dont la fermeture des trois derniers foyers gouvernementaux pour personnes ayant une déficience intellectuelle.
Réorganisation du secteur des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle
Notre système actuel de services aux personnes ayant une déficience intellectuelle ne fonctionne pas aussi bien qu'il le devrait. Cela n'est un secret pour personne.
Comment le sais-je?
Et bien, au cours des 10 dernières années, j'ai rencontré un grand nombre de familles et de personnes qui travaillent ou qui interviennent dans le secteur des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle. Je suis donc très au courant de leurs préoccupations.
J'ai appris au cours de mes rencontres que la situation a beaucoup évolué au fil des ans. Par exemple, il y a 50 ans, la fourniture de soins en établissement représentait le principal modèle de prestation de services aux personnes ayant une déficience intellectuelle.
Aujourd'hui, la plupart des personnes ayant une déficience de ce genre reçoivent des services en milieu communautaire, et c'est parce que l'attitude de la société envers elles a changé.
Et ce ne sont pas seulement les attitudes qui ont changé, mais également les attentes à l'égard des niveaux de soins et des types de services qui devraient être offerts aux personnes ayant une déficience intellectuelle.
Les attitudes et les attentes ont changé, mais non les politiques du gouvernement.
Et c'est là que le bât blesse.
Aujourd'hui, les familles veulent un système axé sur l'intégration des personnes ayant une déficience intellectuelle à tous les aspects de la société : écoles, programmes communautaires et marché du travail.
Aujourd'hui, les familles veulent davantage de souplesse et de choix en ce qui concerne les soutiens et les services nécessaires pour fournir des soins à domicile aux personnes qui ont une déficience intellectuelle.
Et les familles se demandent ce qui arrivera à leur enfant une fois que plus personne ne sera là pour s'occuper de lui.
C'est triste de voir des parents âgés se faire du souci quant à l'avenir de leur enfant et de se demander qui prendra la relève.
Je connais leurs inquiétudes et je sais que nous devons créer un système équitable, accessible et durable.
On me dit qu'il faut mettre sur pied un système équitable pour tout le monde afin que toutes les personnes ayant une déficience intellectuelle reçoivent les services dont elles ont besoin, qu'elles vivent à Kapuskasing ou à Toronto.
Et nous devons créer un système qui favorise l'accessibilité aux services en fonction des personnes qui ont le plus besoin de services, et non en fonction des personnes ou des organismes qui exercent le plus de pressions.
Nous devons chercher à connaître les véritables besoins des personnes.
Pour ce faire, nous devons nous assurer que les évaluations sont réalisées de façon cohérente et que le système est adapté aux besoins définis dans les évaluations.
Nous devons aussi nous efforcer d'obtenir des données exactes pour faire des prévisions et planifier nos interventions de façon à répondre aux besoins des personnes ayant une déficience intellectuelle.
Par exemple, nous ne connaissons pas l'âge des personnes ayant une déficience intellectuelle qui reçoivent des services. Et nous ne savons pas vraiment ce que leurs besoins seront dans cinq ans.
Chose certaine, leurs besoins continueront d'évoluer. C'est pourquoi nous devons instaurer un système suffisamment souple pour répondre à leurs besoins changeants.
À mesure que nos connaissances s'accroissent grâce à la recherche, nous devons aider le personnel de première ligne à acquérir les compétences et les techniques les plus récentes pour fournir des services à des personnes dont les besoins sont très différents de ce qu'ils étaient il y a dix ans.
Pour donner suite à tous ces projets, nous devons élaborer un plan global.
Je ne veux pas dire un autre plan quinquennal, mais un plan sur 25 ans, ou même d'une durée plus longue, qui correspond aussi à nos moyens financiers.
Notre plan doit être réaliste.
Il doit être créatif et novateur.
Nous devons dépasser le cadre de nos interventions actuelles et nous demander qui d'autre pourrait nous aider.
Nous devons dépasser le cadre du secteur des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle et inviter d'autres personnes à faire partie de notre équipe.
Nous devons reproduire les meilleurs partenariats qui existent et en créer de nouveaux de toutes pièces.
Par exemple, il existe un partenariat extraordinaire entre l'université Queen's et l'organisme Ongwanada, de Kingston, qui offre tout un éventail de services aux personnes ayant une déficience intellectuelle.
Dans le cadre de ce partenariat, l'université place des étudiants en stage au sein de l'organisme et mène des recherches avec lui. Elle fournit aussi des services directs de consultation aux clients et à divers organismes.
Ainsi, l'organisme Ongwanada bénéficie d'un soutien clinique, les étudiants vivent des expériences pratiques et l'université a accès à une très bonne source de données pour ses recherches, lesquelles profitent à l'ensemble du secteur.
Voilà un partenariat communautaire exceptionnel.
Il nous faut créer d'autres partenariats de la sorte pour mieux planifier l'avenir.
Investissement de 110 millions de dollars dans le secteur des services communautaires
Afin d'amorcer la réorganisation du secteur des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle, il faudra faire des investissements considérables. Je le reconnais.
Et c'est ce qui m'amène à la deuxième question que je veux aborder aujourd'hui.
Je suis heureuse d'annoncer que malgré les difficultés financières auxquelles il fait face, le gouvernement affectera jusqu'à 110 millions de dollars sur les quatre prochaines années à la consolidation du secteur des services communautaires. Ces investissements, qui nous aideront à réorganiser le secteur, visent un double objectif : faire en sorte que le secteur soit tourné vers l'avenir et assurer son équité, sa durabilité et son accessibilité pour la prochaine génération d'adultes ayant une déficience intellectuelle.
Près de 70 millions de dollars seront consacrés à la création de nouvelles places d'hébergement à l'intention des adultes ayant une déficience intellectuelle qui quitteront les foyers gouvernementaux.
Nous allons aussi entreprendre une évaluation approfondie de nos politiques.
Nous envisageons de solliciter l'avis du public sur un plan à long terme l'hiver prochain. Nous voulons obtenir l'avis de toutes les personnes qui s'intéressent de près ou de loin au système des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle. Tout le monde sera invité à participer à ces consultations.
Prochaines étapes
Le gouvernement va aussi fermer les trois derniers foyers pour personnes ayant une déficience intellectuelle au cours des cinq prochaines années.
En fermant le Centre régional Rideau, le centre régional du Sud-Ouest et le centre régional de la Huronie en 2009, l'Ontario mettra un terme au long processus de transition d'un système de prestation de services en établissement aux personnes ayant une déficience intellectuelle à un système de services communautaires axés sur l'intégration, l'autonomie et le choix.
Au milieu des années 1960, l'Ontario comptait 16 foyers pour personnes ayant une déficience intellectuelle. Au cours des 30 dernières années, le gouvernement a fermé 13 de ces foyers et facilité l'intégration communautaire de plus de 6 000 personnes.
Je ne veux pas que personne pense un seul instant que la décision de fermer ces foyers a été facile à prendre. Nous savons que cette décision aura des incidences sur la vie des pensionnaires et sur la vie des employés qui se sont dévoués corps et âme pendant des années pour assurer leur bien-être. Nous savons aussi que ces changements auront des répercussions dans les collectivités où les foyers se trouvent.
Nous allons prendre tout le temps qu'il faut pour assurer une transition sans heurts. Pour ce faire :
- nous allons élaborer des plans individualisés à l'égard des pensionnaires en collaboration avec leur famille, le personnel et les collectivités locales;
- nous allons collaborer avec les employés à la planification de leur avenir professionnel après la fermeture des foyers;
- nous allons collaborer avec les collectivités et inviter différents ministres du gouvernement provincial à nous aider à atténuer les incidences de la fermeture des foyers.
Nous savons qu'il ne sera pas toujours facile d'assurer l'intégration communautaire de certaines personnes ayant de grands besoins. Il faudra mettre sur pied des services spécialisés à l'intention de ces personnes afin de pouvoir nous occuper d'elles de façon appropriée. J'espère pouvoir faire des annonces plus détaillées à cet égard cet automne.
Nous savons que nous devrons mettre en place un plus grand nombre de soutiens communautaires afin d'aider ces personnes à leur sortie du foyer. Nous savons aussi que nous devrons mettre en place dans les collectivités davantage de soutiens communautaires pour venir en aide aux personnes et aux familles qui attendent déjà ces services.
C'est ainsi que nous investirons nos ressources au cours des quatre prochaines années.
Conclusion
La route devant nous ne sera pas facile. Les défis à l'horizon sont nombreux.
Mais je sais que si tous les partenaires – les personnes, les familles, les organismes et le gouvernement – y mettent du leur, et j'espère en avoir donné la preuve aujourd'hui, nous réussirons à faire oeuvre de pionnier dans le domaine des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle.