Histoire des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle en Ontario

1971

Le ministère de la Santé demande à Walter Williston de faire un examen des soins fournis aux personnes ayant une déficience intellectuelle et de préparer un rapport intitulé Present Arrangements for the Care and Supervision of Mentally Retarded People in Ontario, A Report for the Minister of Health (dispositions actuelles pour les soins et la surveillance des arriérés mentaux en Ontario - Rapport pour le ministère de la Santé).

Walter Williston indique que, le système des « Ontario Hospital Schools » (c. à;-d. des institutions pour personnes ayant une déficience intellectuelle gérées par la province) :

  • est tenu à; l'écart des services de santé et d'éducation, ainsi que des services sociaux et à; la famille destinés au grand public,
  • ne peut pas adéquatement mettre sur pied et gérer des services répondant aux besoins de la collectivité.

Il recommande :

  • de fermer graduellement les institutions,
  • de fournir des soutiens liés à; l'habitation dans la collectivité et de les intégrer à; des établissements commerciaux, de loisirs et d'enseignement.

Le rapport plaide en faveur du concept naissant de normalisation, dans le cadre duquel les personnes ayant une déficience intellectuelle auraient une vie meilleure si on leur donnait la possibilité de continuer à s'épanouir et à perfectionner leurs aptitudes, et si elles étaient en mesure d'établir des relations avec d'autres membres de la collectivité.

1972

Le docteur Wolf Wolfensberger, auteur de The Principle of Normalization in Human Services (le principe de normalisation dans les services à la personne) (1972), fait adopter en Amérique du Nord le concept de normalisation (c.-à-d. offrir continuellement des possibilités d'épanouissement et de perfectionnement des aptitudes, afin que les personnes ayant une déficience intellectuelle soient perçues d'une façon de plus en plus positive).

Wolfensberger croit que, pour que les personnes ayant une déficience intellectuelle soient considérées de façon plus positive par la société, nous devons veiller à ce qu'elles aient les mêmes sortes de possibilités que les autres gens.

Il recommande que ces personnes doivent :

  • vivre dans des milieux semblables à ceux de l'ensemble de la population,
  • avoir des possibilités d'épanouissement et de perfectionnement des aptitudes,
  • participer à des activités courantes avec l'ensemble de la population,
  • instaurer des relations avec d'autres personnes de leur collectivité.

Wolfensberger suggère que ces stratégies permettraient aux personnes ayant une déficience intellectuelle d'améliorer leur rôle apprécié dans la société, et que cela contribuerait à faire évoluer les mentalités de la société à l'égard des personnes ayant une déficience intellectuelle.

1973

L'honorable Robert Welch, secrétaire de la province aux Affaires sociales, publie un rapport intitulé Community Living for the Mentally Retarded in Ontario: A New Policy Focus (l'intégration communautaire pour les arriérés mentaux en Ontario : un nouvel objectif en matière de politique).

Le rapport fixe un nouvel objectif en matière de politique de prestation de services fondé sur le concept de l'intégration communautaire.

Le rapport Welch fait quatre recommandations visant à accroître les soutiens communautaires. Pour ce faire, on devrait :

  1. mettre sur pied dans la collectivité des services de tutelle et de protection,
  2. réaffecter, des institutions vers la collectivité, des ressources en services en milieu résidentiel,
  3. élaborer des politiques afin d'intégrer des possibilités d'emploi pour les personnes ayant une déficience intellectuelle au sein de la société dominante,
  4. instaurer des mécanismes de coordination aux échelons local et provincial, afin d'offrir une vaste gamme de services.

1974

Avec la réaction favorable du public, le gouvernement adopte la Loi sur les services aux personnes ayant une déficience intellectuelle, et instaure une nouvelle approche des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle.

La loi transfère également la responsabilité des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle du ministère de la Santé au ministère des Services sociaux et communautaires. À ce moment-là, environ 8 000 pensionnaires vivent dans des institutions de l'Ontario (ou établissements, comme on finit par les appeler).

1975

Le ministère des Services sociaux et communautaires élabore des normes relatives aux programmes de soins en établissement; elles comportent notamment l'exigence que chaque pensionnaire ait un plan de programmes sur mesure pour répondre à ses besoins en matière de développement.

1976

L'Ontario administre directement 16 institutions (établissements de l'Annexe 1).

1977

Le ministère des Services sociaux et communautaires met en euvre son premier plan quinquennal pour offrir des possibilités d'intégration communautaire aux personnes ayant une déficience intellectuelle qui vivent dans des établissements gérés par la province.

Le ministère élabore des principes de planification pour faire déménager les pensionnaires hors des institutions. Ces principes sont axés sur les approches suivantes :

  • rechercher et respecter les préférences individuelles,
  • faire déménager les personnes en les rapprochant de leurs familles,
  • tenir compte des amitiés et autres relations importantes,
  • adapter les services aux besoins des personnes en fonction de ce que déterminent les profils élaborés individuellement.

Dans le cadre de cette initiative, le ministère :

  • ferme le Nipissing Regional Centre de North Bay en 1977 1978,
  • réduit le nombre de pensionnaires qui vivent dans les autres institutions.

 

Pour en savoir plus

L'évolution de la politique et de la législation du gouvernement

sur le Nipissing Regional Centre

Present Arrangements for the Care and Supervision of Mentally Retarded People in Ontario, A Report for the Minister of Health, rapport par Walter Willistin

Community Living for the Mentally Retarded in Ontario: A New Policy Focus, rapport par l'honorable Robert Welch, secrétaire de la province aux Affaires sociales