Histoire des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle en Ontario

Le travail utile et pratique tient une place importante dans la vie des premières institutions (ou établissements, comme on finit par les appeler). Le travail tient certains pensionnaires occupés et l'on considère que c'est une façon très utile de fournir une formation à des gens qui pourraient plus tard obtenir des possibilités d'emploi dans la collectivité.

On classe les pensionnaires selon ce que l'on considère être leur aptitude à travailler et à apprendre. En fonction de leur capacité, ils prennent part à une vaste gamme d'activités de travail.

Dans les années 1920, les pensionnaires féminines travaillent habituellement dans la cuisine, à la salle à manger, à la buanderie et dans les salles communes. Elles font les lits, trient le linge, servent la nourriture, cousent, reprisent et confectionnent des catalognes.

De nombreux établissements ont des fermes. Cultiver et produire des denrées alimentaires contribue à rendre les établissements autosuffisants et offre de nombreuses possibilités d'emploi pour les pensionnaires de sexe masculin. Ils travaillent dans les jardins, à la laiterie, prennent soin de la volaille et font du sirop d'érable. Ils peuvent aussi travailler à la cuisine et à l'arrière cuisine, faire de la menuiserie, des matelas, de la peinture, être tailleurs et cordonniers.

Dans leurs rapports annuels, les superintendants présentent leurs établissements comme des endroits où les pensionnaires sont des gens occupés, heureux et productifs. Dans leurs rapports, on considère que les pensionnaires qui ont une occupation dans l'institution ont « dédommagé l'institution ». (2)

Pendant de nombreuses années, le travail des pensionnaires n'est pas rémunéré. être en mesure de contribuer à l'entretien de l'établissement, telle est la récompense. D'après le rapport de l'inspecteur du Centre régional de la Huronie en 1922, l'un des rôles importants du travail des pensionnaires consiste à « ce qu'ils peuvent aider à gagner leur frais de subsistance dans n'importe quelle institution où ils trouvent à se loger ».

Plus tard, on donne de « l'argent de poche » aux pensionnaires pour les motiver au travail. Dans les années 1970, les établissements commencent à payer les pensionnaires qui travaillent dans les salles communes, à la buanderie ou dans la salle à manger. Les établissements commencent aussi à mettre sur pied des ateliers protégés où les pensionnaires travaillent sous contrat et font du travail d'assemblage. Ce travail ne contribue pas au fonctionnement quotidien de l'établissement. Certains pensionnaires qui manifestent de bonnes aptitudes au travail dans les établissements sont « mis en liberté surveillée », ce qui signifie que ces personnes reçoivent temporairement leur congé de l'institution pour travailler dans la collectivité, où on les embauche comme domestiques, travailleurs agricoles ou pour aider dans les restaurants.

(2) Archives du Centre régional de la Huronie, rapport des inspecteurs d'hôpitaux, 1914.

 

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