Histoire des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle en Ontario

En 1791, le Parlement britannique adopte l'Acte constitutionnel qui crée le Haut Canada (Ontario) et le Bas-Canada (Québec).

Les dispositions législatives ne comprennent pas de loi sur les pauvres. Ni le gouvernement provincial ni les administrations municipales ne se voient assigner la responsabilité d'offrir de l'aide aux pauvres. En conséquence, l'Ontario du 19e siècle n'a pas de véritable système d'aide pour les démunis.

À l'époque, la société ne fait pas de différence entre les personnes qui ont des problèmes de santé mentale et celles qui ont des déficiences intellectuelles. Elles sont toutes censées être « folles ». Les familles s'en occupent du mieux qu'elles peuvent. Mais que se passe-t-il quand ces gens n'ont personne? Dans les premiers temps du Haut-Canada, la prison commune est le seul endroit où l'on peut les placer.

Les prisons de comtés font office d'institutions passe-partout pour diverses catégories de gens. Sous prétexte de vagabondage, les sans-abri, les démunis, les personnes âgées et les « aliénés » sont logés avec les criminels.

Les prisons sont bondées, et les conditions de vie souvent effroyables. En 1830, William Lyon Mackenzie enquête sur les conditions de vie dans une prison où il trouve « trois folles enfermées... dans les cellules souterraines... sous clé dans des lits à barreaux, sur la paille, deux dans un lit, et la troisième seule ». Mackenzie juge leur situation « ...plus grave que celle des criminels les plus endurcis. » (1)

Finalement, en 1839, après beaucoup de pressions politiques de la part de citoyens préoccupés par la question, le Haut-Canada adopte une loi pour fonder le premier asile provincial. La loi, intitulée An Act to Authorise the Erection of an Asylum within this Province for the Reception of Insane and/or Lunatic Persons, rend également le gouvernement provincial directement responsable des soins aux personnes ayant des déficiences mentales et intellectuelles, y compris des troubles du développement.

(1) Thomas E. BROWN, The Origins of Asylum in Upper Canada, 1830-1839 : Towards an interpretation.

 

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