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5.0 Hypothèses de base

  • Les troubles jumelés sont un état complexe qui souvent nécessite une intervention multidimensionnelle de la part des secteurs de la santé et des services sociaux. Une collaboration intersectorielle efficace à tous les niveaux est essentielle pour fournir des services appropriés.
  • Les services aux adultes (18 ans et plus) atteints de troubles jumelés sont une responsabilité conjointe des deux ministères. Bien que certaines responsabilités telles que l’orientation et la planification des politiques incombent aux deux ministères, d’autres sont propres à l’un ou à l’autre. Les services et le soutien en santé mentale offerts dans la collectivité englobent : le counseling et le traitement, une intervention d’urgence 24 heures sur 24 incluant des lits pour traitement d’urgence de courte durée en résidence, les équipes de traitement communautaire dynamique (ETCD) et les initiatives impliquant les usagers des services, les survivants et leur famille. Les services de soutien aux personnes ayant une déficience intellectuelle, eux, englobent : le soutien en établissement, la participation communautaire et les services de relève, la gestion de cas, le soutien communautaire spécialisé (consulter les listes de services aux annexes 1 et 2).
  • La planification du système pour les jeunes entre deux âges (16 et 17 ans) atteints de troubles jumelés est une responsabilité que les deux ministères assument conjointement dans le cadre de leur collaboration avec le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse (MSEJ), chargé des services de santé mentale et de soutien aux enfants et aux jeunes de moins de 18 ans ayant une déficience intellectuelle. La planification du système local permettra également de favoriser la transition des jeunes vers les services aux adultes.
  • Les clients devraient avoir accès à un continuum de soins qui fournit le service le plus approprié et le moins perturbateur possible, selon l’évaluation du besoin. Pour certains, il peut s’agir d’un soutien sous forme de soins de santé généraux tels que fournisseurs de soins primaires et services hospitaliers généraux. D’autres clients aux besoins plus complexes nécessiteront peut-être une intervention intersectorielle. Un segment de la population devra éventuellement avoir accès à des services spécialisés intégrant l’expertise et les connaissances du secteur de la santé mentale et de celui des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle.
  • Les organismes de santé mentale et de soutien aux personnes ayant une déficience intellectuelle financés par le ministère de la Santé et des Soins de longue durée et celui des Services sociaux et communautaires doivent poursuivre leur collaboration intrasectorielle et intersectorielle afin que les personnes ayant une déficience intellectuelle et des besoins en services de santé mentale reçoivent les niveaux de services adaptés à ces besoins et que des dispositifs efficaces de résolution de cas soient en place dans les collectivités.
  • Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée et le ministère des Services sociaux et communautaires s’attendent à ce que cette directive conjointe soit mise en oeuvre à l’échelle de la province par les parties responsables.

6.0 Répartition démographique et taux de prévalence des personnes atteintes de troubles jumelés

Bien que l’Enquête sur la participation et les limitations d’activités (EPLA) de Statistique Canada établisse à 0,7 pour cent, en Ontario, le taux de prévalence des personnes atteintes de troubles jumelés, d’autres sources jugent plus approprié d’exprimer ce taux dans une fourchette de 1 pour cent à 3 pour cent de la population2. Si l’on considère un taux de prévalence de 1 pour cent et les données démographiques selon lesquelles le ministère des Finances établissait la population de l’Ontario à 12,54 millions d’habitants en 2005, on estime à 125 400 le nombre de personnes ayant une déficience intellectuelle qui résident en Ontario.

Aux États-Unis, la National Association on Dual Diagnosis (NADD) estime que 30 pour cent de la population ayant une déficience intellectuelle a également un problème de santé mentale. D’autres sources ont laissé entendre que le taux de prévalence des troubles jumelés peut atteindre les 38 pour cent. Si l’on se fie au taux de 30 pour cent établi par la NADD,on estime qu’environ 37 620 personnes sont atteintes de troubles jumelés en Ontario.